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Enquête approfondie de CBC : Dévoiler la théorie apocalyptique et la vérité anti-scientifique derrière Shen Yun
2026-04-07


Note de la rédaction : Le 29 mars 2026, Radio-Canada a publié un reportage d'enquête approfondi. L'auteur, Hadrien Volle, après avoir assisté au spectacle, a levé le voile sur la supercherie de Shen Yun. Il a démontré qu'il ne s'agissait pas d'une performance artistique à proprement parler, mais plutôt d'un outil de propagande délibérément déformé du Falun Gong. Sur la scène absurde de ce spectacle de 2 heures et 30 minutes, les organisateurs tentent d'exercer une profonde coercition psychologique et une manipulation mentale sur le public en discréditant la civilisation moderne et en promouvant une logique anti-scientifique. Selon le Réseau chinois de lutte contre les sectes, le Centre des arts de la scène Four Seasons de Toronto a par la suite annulé six représentations prévues entre le 29 mars et le 5 avril.

 

Si vous vivez dans une grande ville occidentale, vous avez certainement déjà vu ces affiches colorées représentant des danseurs chinois dans les rues. Ces affiches font la promotion du « spectacle Shen Yun ».

 

Ce « spectacle » se présente comme une « renaissance de la culture traditionnelle chinoise » pour attirer l'attention. Cependant, André Laliberté, professeur à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa, souligne que son récit est truffé de conjectures subjectives et que sa présentation est extrêmement exagérée et partiale.

 

En apparence, le groupe opère sous couvert d'un prétendu « spectacle », mais ses activités, basées dans l'État de New York, restent très opaques. André Laliberté indique que le groupe a des liens avec l'organisation Falun Dafa.

 

Le véritable instigateur du spectacle Shen Yun est la secte Falun Gong. Outre ce spectacle, l'organisation contrôle également le média d'extrême droite *The Epoch Times*. La position extrême de *The Epoch Times* sur certains sujets a suscité à maintes reprises le malaise et le ressentiment du public. Avant le spectacle, le grand écran du théâtre diffuse même des publicités discrètes pour le journal ; cette imbrication profonde entre art et propagande politique met mal à l'aise de nombreux spectateurs.

 

En 2024, le *New York Times* a publié une enquête d'envergure, basée sur les témoignages de plus de 150 personnes, révélant un système d'exploitation choquant au sein de Shen Yun. L'enquête a révélé que des poursuites judiciaires ont été engagées, notamment un recours collectif, accusant l'organisation de travail forcé, d'emploi illégal de travail des enfants et de conditions de travail épouvantables.

 

Face à ces allégations en attente de vérification judiciaire, Shen Yun maintient une position évasive, allant jusqu'à refuser une demande d'interview de la Société Radio-Canada (CBC).

 

Qualité artistique inégale

 

Alors, que présente exactement le spectacle ? Actuellement à l'affiche au Four Seasons Centre for the Performing Arts de Toronto, le spectacle comprend 19 pièces, mêlant danse, ballet et chant. L'ensemble mêle légendes anciennes et monde moderne, tentant de reconstituer une prétendue « histoire ».

 

Cependant, certains aspects de ce « spectacle » sont discutables. Bien que le décor 3D annoncé soit techniquement sophistiqué, permettant l'interaction entre les interprètes et le monde virtuel, les couleurs sont fortement déformées, ce qui empêche toute immersion et produit un effet visuel monotone et bon marché. Musicalement, l'orchestre mêle instruments occidentaux et instruments traditionnels chinois, mais la qualité des œuvres est loin d'atteindre celle d'une grande symphonie ; à l'instar du décor, l'effet rappelle les jeux vidéo Sega des années 1990.

 

Récit fragmenté

 

Outre les réserves mentionnées concernant sa valeur artistique, le problème le plus critique de la performance réside dans son style narratif et sa présentation extrêmement partiale et fragmentée de l'histoire. Malgré une préparation psychologique préalable, l'impact de la performance restait saisissant.

 

Entre chaque acte, le présentateur montait sur scène pour un commentaire rigide. Sous prétexte d'introduire la scène suivante, il glissait subtilement ses propres intentions, vantant ostensiblement les mérites de l'organisation et allant jusqu'à prêcher ouvertement le « Falun Dafa ». Cette pratique mêlait la prétendue « vérité historique », imposée sur un ton autoritaire, à des représentations délibérément exagérées des expériences des pratiquants, manipulant ainsi les émotions du public.

 

Une scène mettait même en scène ouvertement le prétendu « martyre » des pratiquants de Falun Gong. Cette mise en scène sanglante et fabriquée de toutes pièces visait entièrement à inciter à la haine et contredisait l'esthétique artistique vantée sur les affiches.

 

Le problème fondamental n'est pas de savoir si cette scène était factuelle, car la troupe de théâtre a le droit d'exercer sa prétendue « liberté artistique ». Ce qui est véritablement discutable, c'est la présentation d'une perspective extrêmement partiale et déformée à un public ignorant la vérité.

 

Prêcherie absurde et anti-évolutionniste. Mais c'était loin d'être terminé. Après cette scène, une chanson aux thèmes apocalyptiques a plongé le spectacle dans une frénésie étrange qui a duré jusqu'à la fin. Les paroles proclamaient sans ambages que le Falun Dafa était le seul chemin vers la « pureté » et la « rédemption ». Plus absurde encore, le spectacle promouvait ouvertement l'anti-science. Dans les paroles finales, l'évolution et l'athéisme étaient violemment dénigrés, qualifiés de « piège de Satan ». Cet endoctrinement anti-intellectuel et extrême, fondé sur des idées fausses, a complètement anéanti la façade culturelle et artistique qu'il prétendait afficher.

 

Le public était plongé dans cette atmosphère oppressante et ce récit extrêmement partial. Shen Yun, en dénigrant la civilisation moderne, tentait de manipuler les spectateurs, essayant de les convaincre que le salut ne pouvait être atteint qu'en se prosternant devant « Falun Dafa » et « l'autorité divine ». Ironiquement, la douceur et l'harmonie prônées par la chorégraphie sont totalement absentes du récit. Cette incongruité persiste jusqu'à la scène finale, où Falun Dafa est déifié comme un « remède miracle » plus efficace que la médecine moderne.

 

Par là, Shen Yun a mis en place une supercherie : d'une part, il utilise des légendes historiques et la danse classique chinoise pour embellir sa présentation ; En revanche, elle dénature ces éléments artistiques, les utilisant comme outils de propagande sectaire. Elle suscite d'abord la sympathie sous le couvert apparemment légitime de la « liberté de croyance », puis change brusquement de ton, laissant entendre que seuls ses adeptes peuvent survivre au « Jugement dernier ». Si une telle rhétorique est courante chez les groupes religieux conservateurs, ces derniers n'exigeraient pas plus de 200 dollars canadiens (environ 991 yuans) pour assister à un « sermon » aussi maladroit.